Microbiologie des sols

 

Sur trente centimètres d’épaisseur, le sol héberge 80 % de la biomasse vivante du globe. Et dans ce sol, très mince, il y a beaucoup plus d’êtres vivants que sur le reste de la surface de la terre.

Claude et Lydia Bourguignon sont les fondateurs du LAMS (Laboratoire d'Analyse Microbiologique des Sols) qui est le seul laboratoire à effectuer des comptages de faune du sol au service des agriculteurs et viticulteurs. Le LAMS a découvert et continue de découvrir de nouvelles espèces à travers le monde. Le comptage complète les mesures d’activités biologiques car il permet de voir la remontée quantitative (nombre d’animaux / hectare) de la vie du sol et son évolution qualitative (diversité des espèces d’animaux du sol). La faune du sol se divise en 3 grands groupes :

- La faune épigée qui vit à la surface du sol et qui mange la litière et tous les déchets organiques qui sont en surface. Elle est la source de l’humus dans les sols. Chaque famille épigée attaque des parties précises de la litière .Les collemboles attaquent les feuilles dans leurs parties tendres entre les nervures. Ce sont eux qui forment ces feuilles en dentelles que nous voyons dans les sous bois .Les acariens attaquent les nervures des feuilles .Enfin, les cloportes et les iules, aux mandibules puissantes, attaquent le bois des rameaux. Les nématodes et  les petits vers épigés mangeront des fractions plus fines ainsi que les excréments des autres espèces .Elle est fortement détruite par les labours qui expose au soleil cette faune qui craint la lumière. En circulant à la surface, cette faune crée de nombreuses galeries qui confèrent à la peau du  sol une très forte porosité, il y a 80% de vide à la surface du sol. Ceci va conférer au sol une très forte perméabilité qui atteint 150mm/heure en foret de feuillus tempérée et de 300mm/heure au sol de forets tropicales. Un limon labouré qui devient battant, voit sa perméabilité tomber à 1mm/heure.    

- La faune anécique. Ce sont les grands vers de terre, les lombrics qui vivent dans les terriers verticaux .ils sont nocturnes ; toutes les nuits, ils remontent chercher de la litière. Ils font demi tour, vident leur intestin à l’extérieur de la galerie pour former des turricules et replongent en profondeur .ce sont  eux qui brassent continuellement le sol de profondeur riche en argile, avec le sol de surface riche en humus .On montré que c’est dans leur intestin que se forme le complexe argilo-humique. Leur poids atteint une à quatre tonnes /ha selon le type de végétation et ils mangent leur poids de terre par jour .Cela fait 300 à 1000 tonnes de terre par hectare qui passent chaque année dans leur tube digestif, soit trois à dix centimètres de terre.  

- La faune endogée qui vit en profondeur et qui mange les racines mortes. Sa présence est indicatrice de bonne santé du sol. Elle comprend les mêmes groupes que la faune épigée : thysanoures, collemboles, acariens, myriapodes vers plus un groupe qui lui est propre : les protoures. Les espèces sont par contre plus petites souvent de couleur blanche et plus allongées afin de suivre les réseaux des racines les plus fines. Grâce à elles, les racines mortes ne s’accumulent pas dans le sol et laissent la place à l’eau et aux nouvelles racines. Cette faune assure une porosité de 60% au sol de profondeur, ce qui permet la respiration des racines.

On voit ainsi que chaque faune a un rôle très particulier. L’épigée décompose la litière et aère le sol de surface L’endogée digère les racines mortes et la faune anécique brasse la terre, évitant ainsi le lessivage des éléments.

Schéma 4 la faune des sols forestiers perméabilité 150 mm/heure  Le sol la terre et les champs (Claude et Lydia Bourguignon) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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